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LE FIGARO Mercredi 11 juin 2008

Accompagnement des infirmes moteurs cérébraux : vers un nouveau modèleL'établissement PasseRaile qui héberge 45 jeunes infirmes moteurs cérébraux, fait figure de référence.

A quelques encablures de Disneyland Paris, dans un établissement moderne niché dans la commune de Magny-le-Hongre, le centre PasseRaile, un établissement qui héberge 45 jeunes infirmes moteurs cérébraux (IMC), fait figure de structure d'accueil « modèle ». Inauguré par l'ancien ministre de la Famille Philippe Bas en 2006, PasseRaile est appelé à être reproduit dans tous les départements. Cer le centre propose une nouvelle approche du handicap en permettant à des jeunes gens qui ont toujours été assistés de faire l'apprentissage de l'autonomie. Un chemin ardu mais accessible pour els infirmes moteurs cérébraux - ils sont 1250 000 en France - qui souffrent d'une mobilité réduite mais dont les capacités intellectuelles sont souvent préservées.

« Leur projet de vie est au cœur du dispositif. Sans projet, personne n'a envie de se réveiller le matin, résume Pascal Jacob, vice-président de PasseRaile, père de deux enfants IMC et initiateur du centre. Les personnes IMC qui bénéficient d'un accompagnement adapté peuvent parfaitement s'incérer dans la société. » Pour ce, chaque pensionnaire dispose d'un studio individuel, équipé d'un coin cuisine et d'une salle de bains adaptée pour apprendre à vivre sans papa et maman. Ils y apprennent à gérer seuls leur emploi du temps et à se débrouiller dans la vie de tous les jours : laver leur linge, cuisiner, faire leurs courses, compter leur argent... Des gestes qui peuvent tourner à l'épreuve de force pour les résidents bridés dans leurs mouvements. Grâce à cette préparation, certains pourront trouver un travail et quitter le centre pour s'installer dans l'un des appartements mitoyens au centre.

« L'accompagnement sur mesure »

Une indépendance qui semble séduire nombre de pensionnaires même si ce « grand saut » leur fait un peu peur. C'est le cas de Guillaume, 24 ans, qui, grâce à sa formation d'infographiste et après avoir mis en page un livre de référence sur PasseRaile, s'est fait embaucher à mi-temps par un imprimeur. « Avant de partir, je dois encore faire des efforts pour mieux organiser ma vie courante » estime le jeune homme qui a pris le parti de rire de son désordre. Son camarade Arthur, lui, n'envisage pas de s'installer seul. « Je veux continuer à vivre ici. On est une famille. »

Ses envies seront respectées puisqu'il ne s'agit pas de mettre les jeunes à la porte. D'autres s'émancipent autrement, comme Benoît et Gisèle, récemment élus conseillers municipaux à Magny-le-Hongre pour la plus grande fierté du centre.

« L'accompagnement sur mesure des résidents de PasseRaile requiert la présence de personnel médico-social qualifié. Or, les professionnels font cruellement défaut ». souligne Pascal Jacob. Pour combler ces manques, ce dernier travaille désormais avec l'association I=MC² à la création d'un centre de formation pilote aux métiers de l'encadrement des handicapés. La mise en place d'un enseignement destiné à rendre le métier plus attractif et à donner accès à des gratifications de salaires verra le jour en 2009 à l'université de marne-la-Vallée.

A.L.