Un nouveau métier dans le médico-social, est-ce bien utile ?

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Gérard SAUZET, directeur du Centre de vie PASSErAILE


Le terme même de médico-social montre combien les acteurs doivent prendre en compte la complexité de ce secteur.
En effet, nous sommes dans le champ du médical sans être dans le sanitaire, nous sommes dans le champ du social en devant intégrer les besoins de soins.


Longtemps il s’est donc agi de savoir ce qui est premier, du soin ou de l’accompagnement, de la médicalisation ou du projet de vie de la personne.
Tant que le débat est resté posé de cette façon, force est de constater que, non seulement, la réponse était impossible mais aussi qu’elle débouchait immanquablement sur des conflits au sein desquels les premiers intéressés, les personnes accompagnées, se trouvaient pénalisées.
La loi de 2005 renvoie le débat à un autre niveau : la primauté est donnée au projet individualisé de la personne, le « médical » comme le « social » devenant des outils de la réalisation de ce projet.
Cette évolution est une véritable « révolution culturelle » pour les professionnels et l’organisation interne. Nos structures d’accueil et d’accompagnement doivent maintenant l’intégrer.
Il ne s’agit plus de savoir qui détient les clefs « médicales » ou «sociales » ni surtout qui détient la décision ultime dans ce qui fait la vie de la personne mais d’arriver à prendre en compte la multiplicité et la complémentarité des ces aspects pour répondre au mieux au projet individualisé.
Le « médical » est représenté, habité par le médecin de la structure mais il apparaît indispensable qu’un cadre (éducatif ou social) devienne Référent du projet de vie, le « pendant » du médecin pour élaborer avec lui, en concertation avec l’équipe pluridisciplinaire, les réponses les mieux adaptées aux besoins des personnes.
Quant au directeur, qui a un rôle très précis dans le secteur, il reste le fédérateur ultime autour du projet de vie, du projet institutionnel, garant du bon équilibre des interventions et des intervenants.